
Aux étudiants, chômeurs, salariés plus ou moins précaires, de France et de Navarre, à tous ceux qui sont ces jours-ci en lutte contre le Contrat Première Embauche, et peut-être contre bien plus que ça...
Puisque nous parvenons de plus en plus précisément à envisager le moment où la Terre sera entièrement consumée par notre mode de vie, Puisque les scientifiques en sont réduit à nous promettre la colonisation d’autres planètes à consommer,
Nous, salariés et étudiants, stabilisés ou occasionnels, de la région parisienne et d’ailleurs, occupants du Centre d’Étude des Modes d’Industrialisation au 4è étage de l’EHESS en ce premier jour du printemps, voulons réfléchir à ce que pourrait être une vie pérenne et souhaitable dans un autre monde fini.
Il nous semble impossible de poser la question de la précarité des emplois et des revenus monétaires sans poser aussi celle de la précarité de la survie humaine globale. En ces temps de désastre écologique très avancé, nous pensons qu’aucune position politique et aucune revendication qui n’intègre pas le caractère d’impasse du développement économique, de la croissance, ne peuvent avoir la moindre valeur.
Nous sommes donc à la fois fantastiquement utopistes et radicalement pragmatiques, bien plus pragmatiques au fond que tous les gestionnaires « crédibles » du capitalisme et des mouvements sociaux (quand UNEF rime avec MEDEF...).
Nous voulons briser le culte dont sont l’objet les créateurs d’emplois et de richesse, réhabilités avec le concours de la gauche dans les années 1980. Aucun discours sur l’exploitation et la précarité n’a de sens et d’efficacité s’il s’interdit de malmener comme ils le méritent ces « bienfaiteurs de la collectivité ».
Nous voulons aussi lever le tabou de ce mouvement anti-CPE : la perspective du plein-emploi, qui sous-tend la plupart des mots d’ordre et des revendications, n’est ni réaliste ni désirable.
Le travail humain, en Occident, est supprimé massivement par les machines et les ordinateurs depuis plusieurs dizaines d’années. Il n’a certes jamais été autre chose qu’une marchandise pour le capital, mais ce qui a changé au stade actuel du « progrès » technologique c’est que l’accumulation d’argent exige moins d’humains à exploiter qu’avant. Il faut se mettre dans la tête que le capitalisme ne peut plus créer assez d’emplois pour tous. Et reconnaître qu’en plus, ceux qu’il crée encore péniblement sont de plus en plus vides, déconnectés de nos besoins fondamentaux.
Dans ce système, la production matérielle est délocalisée vers les pays « en voie de développement », où se concentre ainsi le désastre écologique (même si nous ne sommes pas en reste...). Et chez nous, dans notre économie de services prétendument immatérielle, fleurissent les emplois de serviteurs : esclaves des cadences robotiques, domestiques des « services à la personne » (voir les récents plans Borloo), petits soldats du management.
Ce mouvement ne sera fort et porteur d’avenir que s’il fait entendre une critique lucide du travail moderne. Et s’il permet d’établir définitivement qu’il n’y aura pas de sortie de crise. Loin de nous laisser abattre, nous voulons faire de ce constat une chance. Nous pensons qu’un mouvement social conséquent doit se donner pour but d’aider l’économie à s’effondrer. Le monde actuel ne connaît pas d’en-dehors, on ne peut pas espérer le fuir. Il faut donc patiemment y constituer des milieux de vie où l’on puisse produire ses moyens de subsistance sans le concours de la machinerie industrielle, et où émergent de nouveaux rapports humains, dégagés d’elle. Il faut dans le même temps entreprendre le démantèlement de pans entiers de l’appareil de production existant, inutiles ou nuisibles. Bien sûr, tout cela exige, dans nos discours comme dans nos pratiques, un rejet résolu de l’Etat et de ses représentants, qui seront presque toujours des obstacles à nos projets d’autonomie.
Cessons de réclamer un emploi stable pour chacun ! (même s’il arrive à tout le monde de chercher du boulot ou de l’argent)
Que la crise s’aggrave !
Que la vie l’emporte !
Les occupants du Centre d’Etude des Modes d’Industrialisation (à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, bd Raspail à Paris), constitués en Comité Pour la Désindustrialisation du Monde, entre l’aube du 21 mars 2006 et le milieu de la nuit suivante.
Que la vie l’emporte !
Voila ce qui est REELLEMENT important, non ?!!
Le reste n’est que blabla qui n’interesse que les blablateuses et les blablateux ...
La vie, la vie, la vie, ya que ça de vrai !
Par ces temps du conformisme anti-cpe, rien de mieux qu’une cure de situationnisme pour décoloniser l’imaginaire progressiste et redistributiste de la Gauche française. Ceci ne peut évidemment qu’être en écho de l’Appel de Raspail publié sur decroissance.info
Le Minimum de la Vie.
« On ne dira jamais assez que les revendications actuelles du syndicalisme sont condamnées à l’échec ; moins par la division et la dépendance de ses organismes reconnues que par l’indigence des programmes.
On ne dira jamais assez aux travailleurs exploités qu’il s’agit de leurs vies irremplaçables où tout pourrait être fait ; qu’il s’agit de leurs plus belles années qui passent, sans aucune joie valable, sans même avoir pris des armes.
Il ne faut pas demander que l’on assure ou que l’on élève le « minimum vital », mais que l’on renonce à maintenir les foules au minimum de la vie. Il ne faut pas demander seulement du pain, mais des jeux.
[...] La vie est à gagner au-delà.
Ce n’est pas la question des augmentations de salaires qu’il faut poser, mais celle de la condition faite au peuple en Occident.
Il faut refuser de lutter à l’intérieur du système pour obtenir des concessions de détail immédiatement remises en cause ou regagnées ailleurs par le capitalisme. C’est le problème de la survivance ou de la destruction de ce système qui doit être radicalement posé.
Il ne faut pas parler des ententes possibles, mais des réalités inacceptables : demandez aux ouvriers algériens de la Régie Renault où sont leurs loisirs, et leur pays, et leur dignité, et leurs femmes ? Demandez-leur quel peut être leur espoir ? La lutte sociale ne doit pas être bureaucratique, mais passionnée. Pour juger les désastreux résultats du syndicalisme professionnel, il suffit d’analyser les grèves spontanées d’août 1953 ; la résolution de la base ; le sabotage par les centrales jaunes : l’abandon par la C.G.T. qui n’a su ni provoquer la grève générale ni l’utiliser alors qu’elle s’étendait victorieusement.
Il faut, au contraire, prendre conscience de quelques faits qui peuvent passionner le débat : le fait par exemple que partout dans le monde nos amis existent, et que nous nous reconnaissons dans leur combat. Le fait aussi que la vie passe, et que nous n’attendons pas de compensations, hors celles que nous devons inventer et bâtir nous-mêmes.
Ce n’est qu’une affaire de courage. »
Pour l’Internationale lettriste : Michèle-I. Bernstein, André-Franck Conord, Mohamed Dahou, G.-E. Debord, Jacques Fillon, Gil J Wolman. Dans Potlatch n°4, 13 juillet 1954.
Les syndicats sont des bordels, L’Unef est une putain ! ;-)
Merci à vous tous(toutes) !!!
c’est ce genre de critique qui manque largement dans ce mouvement. A courir après le plein-emploi, la croissance pour tous et le maintien du niveau de vie, on oublie où l’on veut aller. Je me souviens au printemps dernier, au cours des manifs pour les retraites, un des mots d’ordre était aussi la défense du pouvoir d’achat. En queue de défilé, même après les anars, un jeune homme tenait une pancarte avec inscrit dessus : "nos achats sont leur pouvoir ! ". Comme cela est vrai !
Bon courage pour la suite et continuez à donner des coups de pieds dans la fourmilière... Pour la grève de la consommation !!!!
Jules.
Tout à fait d’accord ! Ca fait plaisir de voir des anti-CPE qui vont jusqu’à remettre en cause le sacro-saint plein emploi. Comme disait Thoreau à propos du téléphone :"communiquer je veux bien... mais pour dire quoi ?". Comme disait son ami "voyager plus vite [en train ou en avion] je veux bien... mais pour aller où ?" nous voici à la nouvelle et bienheureuse formule "travailler à plein temps... mais pour faire quoi ?"
Non le concept "travail" se doit de rejoindre sereinement ses amis "développement", "progrès" au placard des mots dont l’ambiguité dissimule une inconsistance crasse.
Mouarf. Bonne occupation les gens
je conseille à tous ceux qui ont lu cet article de se rendre sur le site du parti pour la décroissance constater d’eux même que les personnes occupants les locaux rue Raspail qui ont écrit ces articles ne mériteraient même pas d’être assimilés au mouvement de Décroissance soutenable et démocratique ! J’ai rêvé d’une décroissance respectueuse des personnes et des biens collectifs commun à tous et nécessaires. Je suis choqué par l’attitude des ces personnes qui ont honteusement saccagées les locaux qu’elles occupaient et marquées les murs d’inscriptions inadmissibles...
Je pense aussi que le rejet d’un gouvernement n’est pas une bonne chose mais je vous laisse lire le communiqué du parti pour la décroissance avec lequel je suis entièrement d’accord !
Le Parti pour la décroissance diffuse ce communiqué de l’IEESDS et du journal La Décroissance.
La décroissance, pas la barbarie ! Un « Comité Pour la Désindustrialisation du Monde » a occupé « entre l’aube du 21 mars 2006 et le milieu de la nuit suivante » le Centre d’Etude des Modes d’Industrialisation à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, boulevard Raspail, à Paris. Ce comité a produit un communiqué le vendredi 24 mars 2006 intitulé l’Appel de Raspail au nom de la décroissance dont nous tenons à dénoncer le caractère ultra-libéral présenté sous le masque du libertarisme : « Nous pensons qu’un mouvement social conséquent doit se donner pour but d’aider l’économie à s’effondrer. (...) un rejet résolu de l’Etat et de ses représentants, qui seront presque toujours des obstacles à nos projets d’autonomie. (...) Que la crise s’aggrave ! » (voir ici). Or, « Entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. » Henri Lacordaire. Une décroissance démocratique, équitable et humaniste passe d’abord par le souci des plus faibles. La loi et l’Etat existent pour les garantir. La décroissance ne doit pas servir à légitimer les discours de précarisation ou de chaos social, bien au contraire. Pire encore, parmi le saccage d’un bien collectif commis à cette occasion, un slogan « Mort à la démocratie » a même été inscrit sur un mur (voir ici). Le journal La Décroissance, l’Institut d’études économiques et sociales pour la décroissance soutenable expriment leur plus profond dégoût devant ces actes et ces propos.
L’Etat n’est pas une machine de destruction comme les centrales nucléaires mais oui il est là pour assurer au plus faibles une reconnaissance face aux plus fort qui existeront toujours société anarchique ou pas. Une société anarchique ne serait pas capable d’empêcher certains d’exploiter d’autres c’est la loi naturelle qui s’applique depuis des millénaires. Un Etat est là pour assurer l’application des règles de la communauté mais le contrôle ne doit pas être une fin en lui même, il ne doit pas être un moyen de répression permanent. La police ou l’armée ne doit justement pas être la violence légitime mais justement un service public visant à protéger et aider les plus faibles.
Une société livrée à elle même ne peut entrainer que le chaos et la destruction des biens acquit par des décennies de combats. Les idéaux d’anarchie sont certes des idées à plus emplement étudier mais ne peuvent en aucun cas s’appliquer dans notre monde actuel, tout comme la décroissance il faut une phase de décolonisation de l’esprit sinon c’est la dictature assurée. La communauté a besoin de démocratie et d’un certain équilibre. La liberté à l’extrême opprime, tout comme le précise la citation d’Henri Lacordaire. C’est le cas pour la libéralisation de l’économie actuelle...la liberté donnée aux grosses entreprises étouffe les plus petites à taille humaine...etc. Il ne faut donc pas tomber dans les extrêmes. Dans le cas des inscriptions sur les murs, il n’y a pas de preuves que ce soit les gens ayant écrit ce message mais ces personnes ont quand meme occupées elles aussi ces locaux et je ne pense pas que les tags étaient présents avant l’occupation ! Il a quand même un responsabilité de groupe de ces personnes et mis à part cette inscription qui en effet peut-être l’"oeuvre" d’un seul qui ne représente pas le comité de l’appel, le sacage du lieu et donc du bien collectif est étendu à tout le batiment, n’hésitant pas à laisser s’entasser les déchets (bierres,...et autre qui ne sont pas très décroissant d’ailleurs). La meilleure image qu’aurait pu donner ce collectif aurait été d’occuper les lieux sans les sacager : la revendication ne passe pas forcement par la violence. Ces actions dans les locaux sont plus à mes yeux des actes d’enfants plus que de personnes responsables, qui décredibilise le mouvement et par là meme peut etre ceux qui ont écrit cet appel.
"La politicanaillerie du parti pour la décroissance enverrai bien les flics pour matter tous ces anarchistes, c’est beau la non-violence étatique"
Il n’est pas question d’anarchie à mon avis ni de politique mais de respect tout simplement autant du bien commun que des plus faibles. Au vu des dégats causés par ces personnes on peut se demander ce que donnerait une société pareille et il est peut être heureux que la police soit intervenue sinon dieu sait combien cela aurait couté à la communauté...
bref dans mon idée et sans doute comme dans celle d’autres personnes la décroissance doit être démocratique et soutenable et n’est pas l’anarchie meme si les deux mouvements ne sont pas contradictoires. Si les gens ne sont pas pres à la décroissance ils le sont encore moins à l’anarchie ! Même si l’état actuel vise à une répression stupide et que les seuls mouvements politiques présent sur la scèneà ce jour aspirent à un contrôle total des personnes et à la croissance sans fin, il n’est pas impossible d’imaginer un état juste et qui mene les peuples à leur autodétermination tout en protégeant les plus faibles (et pronant la décroissance !!!) sans pour autant supprimer celui-ci.
voila mais c’est mon point de vue sur la décroissance et je n’ai aucun lien avec le parti ou autre...cela n’engage donc que moi !
vive la décroissance !
Les idées... quelles idées ?
Ah oui, la liberté, c’est l’esclavage...
J’ai déjà entendu ça quelque part...
Eh bien moi (qui ne suis ni anar ni contre l’état en soi) je suis très choquée par des propos totalitaires tels que "Une société livrée à elle même ne peut entrainer que le chaos et la destruction" ou qui se réfère à une "loi naturelle". Quand on a une idéologie dans la tête, i.e. un imaginaire colonisé, et qu’on veut la faire passer bien qu’on ne la comprenne pas, on en appelle à Dieu ou à la "loi naturelle" (ce qui revient au même). Tout ce dicours n’est que de la patauge idéologique prisonière de l’imaginaire capitaliste.
Sans vouloir offenser Vincent Cheynet, je trouve le jeu de mot "vive Dick Cheynet" très plaisant ;-) (et pan sur le bec ça fait jamais de mal). Est-ce que par hasard on ne pourrait pas rire de tout à la Décroissance ?
"Les projets de décroissance, s’ils veulent être pris au sérieux, et ne pas servir un énième changement de façade de la domination moderne, doivent donc se donner clairement pour des projets d’effondrement volontaire de l’Economie de concurrence généralisée, dont les Etats sont parties prenantes." from Le cauchemar de Don Quichote - Sur l’impuissance de la jeunesse d’aujourd’hui. Edition Climats.
Voilou, rappel d’une lecture/pensée salutaire, dont l’Appel de Raspail n’est que l’actualisation
Le problème avec l’état c’est bien celui que tu soulèves :
avec l’état la fin n’est jamais dans le moyen.
Je peux comprendre que les slogans du genre "mort à la démocratie" ou le vol de matériel informatique ou encore le fait de déplacer quelque meubles à EHESS puissent en perturber certains...
Mais il y a un fait qu’on ne peut pas nier :
Après deux mois de grève et plusieurs millions de gens dans la rue, le parti pour la décroissance n’a produit aucune analyse de cette crise... Alors que justement la remise en cause de notre société marchande est cruellement absente du débat actuel...
Or quand pour la première une critique concrète apparait, l’IEES et le journal de la joie de vivre ne trouvent rien de mieux à faire qu’afficher leur dégout et leur mépris
C’est pas forcément étonnant mais ça en dit long....
Le but du parti est-il de produire un discours ou de proclamer un dogme ?
"Je peux comprendre que les slogans du genre "mort à la démocratie" ou le vol de matériel informatique ou encore le fait de déplacer quelque meubles à EHESS puissent en perturber certains..."
"en perturber certains" !! comme si l’atteinte à la démocratie, le vol et le sacage n’etaient au fond pas si grave...(Pour un meuble déplacé, une armoire couchée et vidée par terre au milieu d’un couloir c’est fort quand meme !)
Je partage néanmoins l’avis selon lequel il n’y a pas eu d’analyse sur la crise par le PPLD mais étant lié au journal de la décroissance peut être y aura t’il un article sur celui-ci. Mais en effet cela serait bien qu’ils s’impliquent un peu plus dans l’actualité histoire d’avoir des analyses en temps reel de decroissance !
Cependant on ne peut pas à mon avis tout accepter sous prétexte que "pour la première fois une critique concrète apparait". Que la décroissance soit assimilée à ces actes n’est pas bon non plus...même si je suis d’accord avec la majeure partie de l’appel du moins sur les constats ( à partir du "bien sûr" je ne vois pas pourquoi le rejet de l’état si celui ci est pro-decroissance !)
Un des but du parti est de faire connaitre la décroissance et ce n’est pas à travers ce sacage que les gens vont adhérer et décoloniser leur esprit...tout est précisé dans la charte :
"Affirmer que la décroissance n’est pas une idéologie. C’est à l’ensemble de la société, dans ses oppositions, de se transformer radicalement."
"Insister sur le fait que le politique seul ne pourra que partiellement apporter de solution à la crise écologique, sociale et humaine, celle-ci nécessitant prioritairement une prise de conscience et une responsabilisation de l’ensemble des individus, et donc un changement de comportement à son échelle avant d’essayer d’en convaincre les autres."
apres il y a plusieurs vision de la décroissance...c’est ce qui fait qu’elle sera démocratique et qui promet de beau débats...
++
Je pense que le parti pour la décroissance (j’en suis adhérent mais je ne parle pas en son nom) attend que ses statuts et ses porte-paroles soient clairement définis par l’assemblée constituante qui se tiendra le 8 avril pour s’exprimer sur l’actualité. Quand au journal La décroissance, il s’est toujours positionné en dehors de l’actualité et continue à le faire (donc le CPE n’est pas traité en détail mais apparaît vite fait dans deux articles je crois).
Je pense que la réflexion globale de la décroissance va plus loin que le CPE, et qu’il y a des choses à dire avec ou sans CPE. Par exemple je suis décroissant avant d’être contre le CPE mais ca n’empêche pas que j’aille manifester contre. Si le CPE était retiré, cela ne devrait pas nous empêcher de réfléchir et/ou de se révolter non ?
"Ce comité a produit un communiqué le vendredi 24 mars 2006 intitulé l’Appel de Raspail au nom de la décroissance"
L’appel de Raspail n’a pas été écrit "au nom de la décroissance", mais au nom du groupe qui l’a rédigé, le mot "décroissance" n’y est même pas cité... (amalgames, amalgames...)
Il faudrait donc apprendre à lire avant d’écrire des communiqués...
Quand on a pas de pensée politique et que l’on défend l’ordre établi, il est difficile de produire des analyses sur des mouvements sociaux... Il est donc plus facile de tirer sur tout ce qui bouge, surtout quand on se fait dépasser sur sa gauche...
Les petits chefs et ceux qui se croient les petits propriétaires de la critique adorrent ce genre de sport...
Je pense que le parti pour la décroissance (j’en suis adhérent mais je ne parle pas en son nom) attend que ses statuts et ses porte-paroles soient clairement définis par l’assemblée constituante qui se tiendra le 8 avril pour s’exprimer sur l’actualité.
Le PPLD s’est exprimé officielement en novembre à propos de la crise des banlieues.
Mais il y a quand même une différence entre faire de l’Etat le bourreau de tous nos maux et utiliser les institutions mises à notre disposition. Le politique peut aussi prendre une distance critique par rapport à l’étatisation et au centralisme.
Il est dommage à mon sens que l’on "agresse" sans recul les gens qui prétentent faire de la politique. Prenez le temps de lire la charte et les statuts (provisoires) du Parti pour la décroissance. Il n’y est pas franchement fait état d’un goût particulier pour l’étatisme...et le parti se pose clairement en contre-pouvoir. On viendra ici m’objecter qu’il est mieux que personne ne détienne le pouvoir, mais je crains n’avoir une conception trop "classique" de la démocratie (et je crois encore à la démocratie représentative dans une certaine mesure : j’ai pris le temps d’observer certains débats et élus à l’Assemblée et au Sénat et mettre tout le monde dans le même sac serait à mon avis bien arrogant). Comme le dit un élu local dans le dernier numéro de la décroissance, les élus ne changeront que lorsque leurs électeurs changeront... souvenons-nous que quand nous déplorons la mauvaise manière qu’ont les élus de nous représenter, nous sommes encore un mouvement ultra minoritaire...
Salut Aurélien, non je ne critique pas du tout les gens qui font de la politique, au contraire, j’ai écrit moi-même un article dans la rubrique " Politique " de ce site intitulé " Mais que nous veut le groupe lyonnais en politisant la décroissance ". Je suis d’accord avec toi.
Non ce que je critique c’est cet attachement à l’Etat et à la loi que font Ariès-Cheney-Clémentin. Ils reprennent la position de Régis Debray : un repli réactionnaire sur l’étatisme et la loi face au vide et au ravage ontologique de la Terre et de l’humain. C’est très étrange pour des gens qui se disent écolos, car en règle générale les écolos sont contre l’Etat et pour le fédéralisme et la décentralisation (position actuelle des Verts). Or Ariès dans son ouvrage Décroissance ou barbarie fait un clin d’oeil évident à Régis Debray en se ralliant à la constitution d’une " Gauche tragique " que proposait ce dernier. Bref Ariès-Cheney-Clémentin me semblent sur cette position que je trouve très dangereuse, quasi néo-réactionnaire.
Maintenant il est clair que dans le mouvement des objecteurs de croissance on est pas tous d’accord sur le cadre institutionnel que doit prendre la décroissance en politique. Le PPD, dont tu es membre, et le journal La Décroissance défendent la participation à la démocratie représentative. Serge Latouche lui est contre (il a fait circuler un courrier lors de la fondation du PPD) et propose plutot la démocratie participative. Takis Fotolopoulos lui propose la démocratie directe (l’Inclusive Democraty voir la partie liens de ce site)
La démocratie représentative est en crise profonde et structurelle. Pourquoi ne pas en tirer les conclusions et aller vers ceux qui ne demandent que plus de démocratie ? Pierre Rosanvallon a écrit un très beau bouquin là-dessus, La Démocratie inachevée. Moi je trouve que quand aux individus vivants et concrets on substitue leurs simples délégués, c’est que l’affaire de tous qui n’est que l’affaire de chacun, devient politiquement l’affaire de quelques-uns. L’affaire générale au moment où elle est considérée comme telle, comme politique, comme l’universel, tombe immédiatement sous la détermination contraire d’être réservée à une caste, à la " classe politique ".
La représentation de chacune de nos vies singulières dans sa délégation, n’est finalement que la démocratie-des-bouches-cousues, la démocratie-des-vies-cousues auxquelles on fait manger le mord du cheval pour les mieux diriger et dominer. Hier, aujourd’hui et demain, nos délégués foulent sans cesse nos vies de leurs bottes. Notre Ariès qui a la prétention de se réclamer de Marx et de Debord, et plus particulièrement de leur critique de la Séparation, séparation du travail du travailleurs avec son produit et la séparation de l’individu à sa propre vie, devrait ne serait-ce qu’un instant faire tourner les trois neurones qui lui restent pour ne penser qu’un seul instant à la Séparation que produit la représentation politique, lui qui dit si bien qu’il ne faut pas seulement changer les règles de distribution des parts du gâteau mais qu’il faut aussi en changer la recette. Il ne faut pas se laisser enfermer dans l’illusion politique de la vie, tout n’est pas politique. Et le changement civilisationnel que réclame la mise à bas de la société économique, est à la fois politique (je suis entièrement d’accord avec toi ; mais pas dans le cadre de la représentation politique) et méta-politique (esthétique, la métaphysique, la re-symbolisation, le ré-enchantement du monde...). telle m’apparait à moi, l’objection de croissance.
Sincèrement je ne voudrais pas avoir l’air de critiquer les gens qui veulent faire de la politique, et je trouve très courageux comme tu le fais de t’inscrire dans un parti. Mais pourquoi les objecteurs de croissance ne seraient ils pas capables (eux qui ne cessent de répéter qu’il ne faut pa réfléchir à des solutions à de fausses questions, mais à poser de nouvelles questions) de poser une autre bonne question : et pourquoi pas la démocratie participative ou directe ? C’est-à-dire faire du PPD un parti sans élus, un parti qui se fasse simplement le vecteur du débat sur l’ascenssion de la démocratie participative.
C’est quasiment le cas, mais il ne peut y avoir d’élus du parti pour la décroissance que dans l’opposition et il me semble que ca rejoint la finalité que tu souhaites, c’est-à-dire "le vecteur du débat sur l’ascenssion de la démocratie participative".
Je ne sais pas si les gens qui parlent ici ont pris le temps de lire les propos de V.Cheynet, B.Clémentin et autres depuis le temps qu’ils prennent la parole dans l’espace public. Pour ma part je trouve l’article qu’avait fait V.Cheynet sur le fait "d’engager une politique de décroissance" tout à fait mesuré. http://www.decroissance.org/textes/polidecroi.htm
Merci pour ta réponse constructive Clément, et je propose que la discussion se continue dans le forum, cette page devenant illisible...
Le fameux communiqué intitulé l’Appel de Raspail est sorti le jeudi 23 pour être précise. Je connais très les personnes qui ont participé à sa rédaction, si on voulait leur donner une étiquette tu pourrais les nommer de situationnistes, et tu dénonces "le caractère ultra-libéral présenté sous le masque du libertarisme". Mais je pense que ta lecture est quelque peu orienté, car sans être d’accord avec le texte en son entier il pointe les questions soulevé par le "mouvement de la decroissance" (je le met entre guillemets car c’est assez réducteur et surtout y’en at-il un clair et défini ?). Il est certes maladroit lorsqu’il dit "que la crise s’agrave", mais tu n’a pas compris le sens de ce qu’il dit de l’Etat, ce ne sont pas des anarchistes loin de là.
Pourquoi parle t-il d’un rejet absolu de l’Etat ?
D’abord car l’Etat s’opposera toujours à toute tentative pour sortir de la croissance. De là découle la question de quelle société de décroissance on veut, une société où persiste un Etat (totalement autre que celui qui est en place aujourd’hui) centralisateur et qui organise le bien collectif, où bien une société libérée de cette échelle nationale qui marcherait sur un mode totalement différent.
Ensuite tu parle d’ultra libéralisme à propos de ce texte. Mais l’Etat en est le garant, le libéralisme n’existe que grâce à l’Etat, qui pose des règles, et met en place les conditions.
Mais surtout l’Etat c’est la gestion. il faut se détacher de cette obsession de la gestion, qui s’infiltre partout et nous empêche d’avoir des initiatives, de vivre autre chose, autrement. La gestion c’est la spécialisation, la quantification des problèmes, une abstraction toujours plus grande, et en fait toujours plus de réglementations, de contraintes, de barrières en matières de lois... Après le fait de dire "que la crise s’agrave" peut être mal compris et contestable. Ensuite tu m’a l’air bien sûr de toi lorsque tu dis "une décroissance démocratique, équitable et humaniste passe d’abord par le souci des plus faibles. La loi et l’Etat existent pour les garantir", je suis d’accord avec le début de la phrase, et peut être d’accord avec la seconde partie, mais la décroissance est-ce : CA ? La décroissance est elle déjà un truc si cadré et soumis à des principes comme celui là (sur le rôle de l’Etat) ? Qu’est ce que l’Etat ? Dans quel Etat sommes nous aujourd’hui ? Voulons nous le même pour demain ? Ces questions restent à débattre, je n’ai pas de position arrêtée sur le sujet, la notion d’Etat engage de bonnes choses comme des choses qui peuvent être très néfastes dans une société de décroissance. Parlons-en, la décroissance est encore à construire et heureusement que ce n’est pas exactement ce que tu dis. Car je n’adhèrerais pas à un dogme construit et déterminé d’avance auquel je devrais me plier. En cela je conteste d’ailleurs la création du parti pour la décroissance (ce qui est un autre débat) car il est trop tôt pour enfermer "la décroissance" (qu’est-ce que c’est ?) dans un programme.
Pour finir je trouve regrettable tes amalgames, car tu n’est sûrement pas aller à l’EHESS durant son occupation, tu t’es abreuvé de ce que tu as lu sur internet, et c’est une erreur. Car tu mélanges ce qu’à été l’occupation des lieux (inscriptions sur les murs, dégradations) qui était une question de responsabilité commune, qui n’existait pas, qui a d’ailleurs essayé d’être mis en place par les participants à l’écriture de ce texte, mais ils se sont heurté à une indifférence profonde. Avec les initiatives de groupes de personnes qui voulaient réfléchir ensemble sur des questions de fond. Ce texte en est d’ailleurs une résultante, car le dégoût qu’à provoqué la direction désastreuse que prenait l’occupation des lieux, certains ont eu le souci que quelque chose de positif en ressorte. Après, si tes idées sont si arrêté sur la décroissance, tu ne trouves pas ta place dans ce genre de texte mais as-tu ta place dans un monde à construire si le tient est déjà décidé. Car même si tu as raison, le nerf de l’évolution c’est la remise en question, acceptes les positions divergentes, comprends les, acceptes les et fais ton choix et même si tu reviens à ta position de départ là tu auras avancé.
Heu quand tu parles j’ai l’impression que c’est moi qui ait écrit le communiqué ! Ce n’est pas le cas !
Il faut savoir de quoi on parle quand on parle de l’Etat aussi ! Parle-on du gouvernement ? dans ce cas là celui-ci peut changer Parle-on du système régalien ? (police, justice, prison) Parle-on du commissariat général au plan ? et la effectivement se trouve tout le dogme libéral (voir le livre de Pierre Rimbert : Libération, de Sartre à Rotschild, qui détaille ce rôle)
Disons qu’il y a une multitude d’acteur qui composent l’Etat... voir ce dernier comme une essence qui ne pourra jamais "laisser faire" la décroissance est réducteur (d’autant que la décroissance se fera toute seule si on continue comme ça malheureusement).
Bonjour,
Suite à notre communiqué (écrit au nom de l’IEESDS et du journal et relayé par LE Parti ; c’est à dire les trois instances que nous dirigeons) s’insurgeant contre l’Appel de Raspail ; nous avons décidé d’aller plus loin afin de clarifier définitivement les choses quand à la vraie nature de LA Décroissance. En effet cette notion est, suite à un décret que nous avons pris tous les deux, fondamentalement humaniste, démocratique, républicaine, enthousiaste, non violente, conviviale et soutenable. Afin d’aider le peuple à discerner le bon grain de l’ivraie, nous avons déjà réalisé un dossier (dans le numéro de février) sur les faux amis de la Décroissance et nous espérons que tous nos fidèles se sont d’ores et déjà séparé de tous les groupuscules cités. Mais l’Appel de Raspail et la polémique qu’il crée à l’intérieur du mouvement nous incite à changer de technique. En effet ces quelques anarchistes ont, à travers ce texte, commencé à semer la confusion à l’intérieur du mouvement et à discréditer La Décroissance, notre notion républicano-certifiée. Si des initiatives comme celles ci se multiplient, cela risque bien de porter atteinte à notre crédibilité dans les hautes sphères, ce qui nuira à La Décroissance. C’est pourquoi nous envisageons d’appeler l’Etat, qui a toujours su protéger les plus faibles que nous sommes, à rétablir quelques temps la peine de mort afin de se débarasser des ces fauteurs de trouble et de chasser tous les doutes à propos de ce que doit être LA Décroissance. Qu’en pensez vous ?
[Ce message a été modifié par les administrateurs de decroissance.info]
Avant que le message ci-dessus ne déclenche une nouvelle session d’engueulades virtuelles, je tiens à rappeler que l’équipe de decroissance.info ne peut et ne veut pas vérifier l’identité des personnes qui laissent un message sous les articles.
En passant je signale qu’une discussion à propos de cet appel et de la réponse de l’IEEDS est encours sur le forum :
http://forum.decroissance.info/view...
Jacques CHIRAC, co-administrateur de décroissance.info
À la Gloire du Grand Décroissant de L’Univers !!!
La Vérité est Toi, Ô Grand Ordonnateur ! Délivres-nous du Mal et pardonnes les pécheurs, ils ne savent pas ce qu’ils font. « [...] alors la foudre s’abattit sur eux, d’une force vengeresse et rédemptrice. Ils sûrent alors qui était le Puissant et s’agenouillèrent face à terre pour implorer son pardon [...] ».
si ton message caro m’était destiné (je sais plus à force...) plusieurs choses :
je n’ai pas ecrit ce communiqué je le rappelle meme si je suis d’accord^^.
Je suis tout à fait d’accord avec le constat de l’appel !!!qui est tout à fait "décroissant" !mais pas sur la solution de suppression de l’état.
"Voulons nous le même pour demain ?"
Je ne pense pas sinon il n’y aura pas de décroissance réelle et effective à grande échelle...a débattre comme tu dis !... la décroissance est encore à construire et la PPLD n’a pas parlé de programme c’est marqué dans la charte.
Mes idées ne sont pas arrêtées sur la décroissance !!mais certaines choses relatives à la démocratie le sont elles un peu plus et je suis prêt à changer d’avis si on me convainc et si ca tient debout moralement.J’accepte et je souhaite meme la remise en question !
Les amalgames sont en effet regrétables mais ce seront ceux fait par les gens s’interessant à la décroissance apres cet appel et les dégradations meme si les deux faits ne sont pas liés...a moins de marquer en fin d’appel qu’il n’en sont pas l’auteur...etc..
bref sinon je vais m’attirer les foudres de jacques chirac !
amicalement décroissant !
Bonjour Caro,
Je suis un des co-administrateurs du site decroissance.info Etant comme les rédacteurs de l’appel de Raspail d’ inspiration situ, et considérant le fait que suis en train de mettre en place une lettre ouverte collective à l’équipe lyonnaise (Ariès-Cheney-Clémentin), j’aimerais bien si tu le pouvais me mettre en contact (un mail ?) avec un des rédacteurs de l’Appel. Merci
Bien à toi Clément clement.homs@wanadoo.fr
L’appel de Raspail a été rédigé par des occupants de l’EHESS qui n’ont aucun compte à rendre de l’ensemble des initiatives individuelles et collectives qui s’y sont prises. Eux-mêmes sont d’ailleurs fort contestés dans la leur par ceux qui prolongent cet évènement dans des AG qui ne sont pas prêtes de bousculer l’’Etat.
Quant à Laurence Parisot, si elle exhorte à abandonner l’idée d’un emploi stable pour chacun, ça n’est pas pour autant pour en appeler à abandonner le salariat. L’appel de Raspail s’en prend justement au salariat, pas au fait que chacun doive trouver dans la société sa place dans la réappropriation des ses moyens de subsistance.
L’appel de Raspail met en cause le salariat, pas le travail dans sa dimension vivante !