
A l’adresse des lycéennes et lycéens, des apprenti(e)s, des étudiantes et étudiants...
Puisque nous parvenons de plus en plus précisément à envisager le moment où la Terre sera entièrement consumée par notre mode de vie, Puisque ce monde industriel considère que l’évolution ne reste possible qu’en hybridant le vivant et la machine,
nous (c’est-à-dire quelques uns de la génération qui vous précède) réfléchissons à ce que pourrait être une vie joyeuse et souhaitable dans un monde fini. Et aussi à ce à quoi il nous paraît désirable de travailler.
Il nous semble impossible de poser la question de la précarité des emplois et des revenus monétaires sans poser aussi celle de la précarité de la survie humaine globale.
Vous le savez déjà, on vous l’a suffisamment dit, dans la société moderne un emploi est la chose la plus précieuse. Il vous sera d’abord proposé de tenir un poste de travail, et c’est pour ça que vous êtes en formation ; pour vous préparer à ce rôle et à en accepter les exigences. Au vu du nombre de chômeurs, il vous faudra écraser vos semblables pour être embauché à faire avancer la machine dont personne ne connaît la direction qu’elle suit. Votre travail sera étrangement déconnecté de la satisfaction des besoins humains essentiels.
Comme pour vos parents, votre prospérité se mesurera à votre pouvoir de consommation qui se traduit en dégradation de la planète tout en exploitant des salariés de pays lointains. Vous partagerez l’excitation programmée d’une vie standardisé, artificielle et automatique. Il sera exigé de vous de collaborer avec soumission à ce désastre. Les plus brillants et les plus zélés prendront place parmi ceux qu’on nomme « dirigeants », appliqués à prétendre prendre librement des décisions alors qu’ils ne se soumettent qu’aux obligations imposées par l’ordre dominant. C’est ainsi qu’ils continueront à inventer des contrôles et de nouvelles machines de surveillances tout en prétextant que ce sont des réponses à l’insécurité qu’ils auront eux mêmes entretenue.
Nous voudrions vous suggérer d’utiliser votre temps libre pour d’abord sentir et penser par vous-mêmes, entre vous, sans animateur ou autre médiateur, pour vous documenter et débattre ensemble, et pour déterminer par avance quel type d’existence vous semble valoir la peine d’être vécue. Et de vous préparer ensuite avec plaisir aux efforts nécessaires pour la faire advenir. En cherchant à organiser vos vies selon vos propres aspirations vous constaterez que l’état et tous ceux qui dialoguent avec lui sont presque toujours des obstacles à vos projets.
Cessons de réclamer un emploi stable pour chacun ! (même s’il arrive à tout le monde de chercher du boulot ou de l’argent) Le CPE, on s’en fout, ce dont on ne veut plus, c’est du capitalisme !
Que la vie l’emporte ! A vos pelles et a vos pioches !
Quelques bergères et bergers des Plaines, des Causses et des Montagnes le 8/04/06 Contact : pelle-et-pioche(a)laposte.net
Eteignez votre ordinateur et venez donc voir ce qui se passe dans les campagnes... Y a du boulot aussi contre la bureaucratie européenne...