
Manuella, marcheuse
Un inconnu, marcheur
Aristide, marcheur
Jean-Christophe, marcheur
Frédéric, journaliste
Bernard, agriculteur
Cécile, organisatrice
Charlotte : de quoi tu as peur ?
Manuella : des araignées, des serpents, d’être seule, mais dès fois j’ai envie d’être seule.
- Pourquoi tu es venue ici ?
- Pour mieux connaître des personnes que je connaissais déjà avant, mais pas si bien, pour découvrir des paysages de la région parce que je suis pas d’ici. Je suis aussi interessée par les étapes de vie des gens qui nous accueillaient, par ce que je voudrais transmettre aux enfants.
- Qu’est-ce-que tu as envie de dire ?
- A la base, j’avais de l’appréhension par rapport à la vie en communauté, et en fait, ça se passe bien, je me rends compte qu’on peut s’appuyer sur le gruope, ça donne confiance, on peut construire des choses à plusieurs.
- C’est quoi tes habitudes ?
- Un gros petit déjeuner le matin : depuis que ne je travaille plus, je prends plus le temps de faire ce qui me plaît : aller faire le marché, cuisiner des trucs...
- Quelles sont tes habitudes de vie ?
- J’habite chez mes parents, je trouve que c’est plus écolo que vivre seul, c’est une forme de vie en communauté.
- Quels liens as-tu avec les gens ?
- Je sors mon chien pour rencontrer les voisins. J’habite un petit village près de Cambrai, et je vais en ville en vélo. Je mange bio de temps en temps. Je fais mes courses au marché, et j’ai un jardin pour mes légumes. Une fois par semaine, je vais au supermarché pour acheter de la viande et du lait bio. Je maintiens un lien assez fort avec les gens de mon village : c’est là que je suis né.
- Tu as déjà quitté ton village ?
- Oui, je suis parti pendant un an en Amérique du Sud.
Aristide a commencé la marche pour la Décroissance en 2005. Les motivations qui l’ont poussé à rejoindre la marche sont ses valeurs basées sur la simplicité volontaire, qu’il vit depuis l’âge de 27 ans. Sa réflexion sur le système et la société remonte à Mai 1968, qu’il a passé à la Sorbonne en tant qu’étudiant en Droit. Aristide incarne certaines valeurs qui sont liés à la marche et aux valeurs de la décroissance, telles que l’attention aux autres, le partage, la simplicité et le désir de faire évoluer la société.
Gilles : Jean-Christophe, tu viens de Lille, tu as rejoint la marche pour une semaine, qu’est ce qui t’a poussé à venir ici ?
Jean-Christophe : C’est une réflexion sur l’environnement, qui est essentielle pour la survie de la planète. Il y a deux perspectives l’une optimiste, l’autre pessimiste. Je me place résolument du côté des optimistes ! Nous avons envie de choses vraies, mais il arrive que l’on tâtonne pour les trouver. La marche c’est l’envie de vivre concrètement ce que l’on souhaite. L’esprit, c’est prendre le temps d’échanger et de se rencontrer. Chacun arrive par son propre cheminement personnel.
- Justement, quel a été ton cheminement personnel jusqu’à aujourd’hui ?
- Au départ, je me disais qu’avoir un boulot et posséder des biens rendraient ma vie meilleure. C’est pourquoi après un diplôme de CAP Mécanique j’ai poursuivi des études supérieures, ce qui m’a permis d’avoir un poste dans la grande distribution. C’était l’objectif que je me fixais à ce moment-là et j’étais fier de l’atteindre ! En effet à l’école, j’avais beaucoup de difficultés à apprendre ce qui était imposé. Mon choix personnel était plutôt de comprendre ce qui faisait mon vécu.
C’est dans cette optique qu’il y a maintenant 7 ans j’ai arrêté de travailler. Je remarquais chez moi un appauvrissement intellectuel et un manque d’épanouissement qui m’ont fait réfléchir et m’ont poussé à faire ce choix.
En fait je n’ai pas arrêté de travailler du jour au lendemain. Lorsque je travaillais, j’ai eu la chance de disposer de 4 demi-journées de repos stables par semaines en travaillant 39 heures. Pour moi le temps est l’élément central. Sans ça, je n’aurais pas pu vraiment choisir. Réduire mon temps de travail m’a permis de prendre du recul. Avant, le seul objectif de mon travail était d’augmenter le chiffre d’affaires ! J’ai pu me demander : « Mais au fond pourquoi faire ? ». Avant cela, je ne pouvais pas imaginer faire autre chose que travailler !
Je crois qu’il y a trois formes de travail décrites par Hannah Arendt :
par nécessité : répondre à ses besoins,
le travail œuvré : production personnelle / création,
l’homme actif : engagement politique, etc...
- Quelles ont été tes principales occupations à partir du temps libre que tu as pu dégager ?
- J’ai eu la volonté de me diriger vers « l’homme actif ». J’ai assisté à beaucoup de conférences, je me suis essayé à prendre la parole en public, chose que je ne faisais pas auparavant. J’ai pu lire et apprendre beaucoup de choses. Lorsqu’on n’a plus d’activités professionnelles, un large éventail de choses s’offre à nous.
Le seul écueil c’est que l’on risque de se disperser devant tout ce qui devient possible de faire. Personnellement, j’ai choisi l’écriture, qui m’a permis de m’épanouir et de rester en phase avec moi-même. Cette activité m’a donné une orientation, un sens à mon travail.
Je me suis intéressé à mon vécu bien sûr, à comprendre pourquoi je faisais telle ou telle chose. Je me suis dirigé vers la psychologie, la biologie, la sociologie, et d’autres sciences encore ! Cela m’a donné l’occasion de comprendre l’idéologie dominante, qui me touche depuis beaucoup moins. En effet, les gens émettent rapidement des jugements si on ne travaille pas, où qu’on touche le RMI, etc. On est catégorisé, il faut apprendre à gérer ça.
- Qu’est ce que tu retires de cette expérience collective qu’est la marche pour la décroissance ?
- La décroissance est un cheminement personnel. Toutes les personnes ici ont pris ce chemin pour arriver jusqu’ici. Et je me rends compte que beaucoup de personnes ont avancé sur la décroissance ! Les conditions matérielles de la marche sont inhabituelles, mais
intéressantes. On vit de manière très simple, et la vie en commun est passionnante. On a besoin de mettre ses idées en pratique, même si c’est parfois difficile.
La décroissance c’est une communauté d’individus et pas un simple
collectif. Les gens se réapproprient la politique de cette manière.
Vendredi 21 juillet
Évidemment, ça m’amuse d’interviewer un "vrai" journaliste. Voici donc un "confrère" de la presse marchande, un "interviewer interviewé".
Frédéric est rédacteur à La Voix du Nord depuis février. Avant il a été vendeur d’informatique dans une grande surface, puis dépanneur d’informatique pour La Poste, puis prof. d’histoire-géo. Il a alors commencé la pige pour la presse quotidienne et des magazines régionaux, tels que Pays du Nord. Il a sillonné la Belgique et toute la région pour trouver des sujets. Son dossier sur les géants a été bien apprécié et lui a permis d’être embauché en fixe.
Les géants du Nord, c’est une tradition répandue dans de nombreux villages : une fabrication artisanale qui permet de faire vivre le lien social, et de conserver une réflexion sur la culture collective. Pour ceux qui ne connaissent pas, voir par exemple le film Quand la mer monte, de Yolande Moreau.
Frédéric a toujours écrit. Il avait déjà en projet d’être journaliste à 20 ans. Il est apprécié pour sa façon équilibrée de rédiger, en proposant des avis contradictoires. Il a inscrit la marche dans "l’agenda de sujet" du journal. Quelques collègues s’y intéressent. Il faut rappeler que la moyenne d’âge des lecteurs-trices est de 50 ans : La Voix du Nord traîne un peu une réputation, et a souhaité rajeunir : chaque article est suivi d’une adresse mél, la mise en page a été retravaillée. Ce journal issu de la libération reste le plus gros tirage régional.
Frédéric est venu à la décroissance par des amis, qui s’occupent d’une association écologiste d’entretien du milieu dunaire (les dunes de sable en bord de mer). Ils organisent une "fête de la mer" une fois par an. Avant d’être sensible à la décroissance, Frédéric est sensible à la nature : il a été élevé à la campagne et jardinait dans le potager familial. Ses études d’art et archéologie ont aussi contribué. Pendant longtemps, il ne faisait pas le lien entre écologie et économie, et les idées sont venues au fil des discussions, notamment avec Patricia, qui travaille pour la revue La wassingue ("serpillière" en flamand). Frédéric pense qu’il faut démocratiser l’accès aux produits bio. Il a une voiture et un téléphone portable : difficile de s’en passer dans son métier. Mais il n’a pas de télé et ne prend jamais l’avion. Il se prépare à d’autres changements personnels.
Il connaît le réseau Savoir-faire et découverte, qui propose des ateliers concrets : fabriquer sa bière bio, pratiquer la cuisine régionale flamande, s’exercer aux dons de sourcier...
Nous échangeons quelques contacts : je lui parle de decroissance.info, en faisant la distinction avec decroissance.org et la revue La décroissance, et il me donne quelques noms de radios libres :
Radio Campus 106.6,
RCV 99.0, et notamment une émission "Novices",
Radio Uylenspiegel 91.8, qui émet depuis Cassel, en Flandre maritime.
Et puis nous partons manger, et boire des bières dans la grange où une fête bat son cours.
Samedi 22 juillet.
Bernard a 57 ans, il est éleveur bio à Anor, un village à 10 km de Fourmies. Il est arrivé au kiosque vers 16h. Il savait qu’il y avait un rassemblement aujourd’hui, depuis un mois, par le journal. Il ne connaissait plus ou moins la décroissance, peut-être pas sous ce terme : "de toute façon, on est dedans depuis longtemps". Il a des prairies, des vaches, et transforme le lait en beurre et en fromage. Il refuse les intermédiaires et écoule toute sa production en vente directe.
C’est un néo-rural, installé depuis 1972 : ses parents n’étaient pas fermiers, et habitaient à Bavais. C’est un ami de Jean-Pierre (chez qui nous étions du mardi soir au jeudi matin) : ils sont les deux premiers producteurs bio de l’Avesnois ! Nous entrons alors dans des considérations techniques, parce que je n’y connais pas grand’chose en agriculture, comme la plupart des citadins.
Bernard : La terre est surexploitée ou sous-exploitée. Dans certains endroits, une densité d’habitation très élevée cache des déserts agricoles. En 1987, il y avait 18 producteurs laitiers. Aujourd’hui, il n’y en a plus que 7. Certains terrains sont occupés, mais mal entretenus. Y’aurait de la place pour installer de nouveaux éleveurs sur ces terrains. Mais ils se heurtent à un mur administratif, et à l’inertie politique. Il faut un tempérament à se battre. Et ils se retrouvent isolés.
Il faut tout remettre à plat. Tout est à refaire. La région s’enfonce... et pis c’est tout ! Y’en a pas un qui sortira du lot pour secouer les autres.
Je lui pose ensuite la question :
- Que penses-tu de l’avenir de la décroissance dans le Nord ?
- Je gagne la moitié du Smic, je travaille 60 heures par semaine, et je n’ai pas de vacances. Qui est-ce qui accepte des conditions pareilles ? Personne ! Ça peut devenir attrayant si on est à plusieurs.
C’est pas un problème d’argent. C’est un problème de main d’oeuvre.
La moitié de la population dans certains quartiers de Fourmies vit des minimas sociaux.
Dans les pays de l’Est, c’est différent. C’est encore la démerde : ils ont un jardin, ils font du bois de chauffage. Ici, on leur donne les miettes, et ils s’en contentent.
On retourne à l’esclavage. On n’a jamais vu ça. Sarkozy va exploiter le tiers-monde. Les associations des droits de l’homme ne bougent pas.
En 1975, ça a été l’apparition du chômage : personne n’a dit que c’était la fin d’une époque. On a mis des rustines ! Alors qu’il fallait déjà changer à cette époque.
L’année prochaine, on vote. Ça va être une catastrophe. José Bové, c’est un clown. Il faut innover et s’imposer. Si on ne fait que ce qu’on a le droit de faire, on ne fait rien. Par exemple, l’évolution de normes d’hygiène, ça n’a pas de sens. Ça fait longtemps que je les ai envoyés paître !
C’est une mafia politique qui maintient le système. Je pense qu’on assistera de plus en plus à des catastrophes naturelles, et à des famines. On n’a plus l’autonomie alimentaire : c’est très grave. La Confédération paysanne réclame la souveraineté alimentaire. Mais à quoi ça sert quand on n’a pas la souveraineté politique ? Et le nationalisme, c’est pas non plus une solution.
- Et les Rmistes, ils pourraient créer des jardins ouvriers ?
- C’est sans soutien aujourd’hui. Soit tu en fais un, soit tu pilles celui du voisin. Les bases sont foutues en l’air, à cause du système électoraliste. On leur distribue des bons pour des pommes de terre. Alors que ça se cultive ! Les bois sont dans un état épouvantable. On ne récupère presque rien. Les éoliennes, c’est insignifiant. C’est pas beau ! Les gens qui me disent ça, je leur réponds : "Et les blockhaus, c’est beau ?"
La région du Nord est bien fournie en blockhaus, datant pour la plupart de la seconde guerre mondiale. Il y a d’ailleurs une pollution spécifique des guerres, notamment par le plomb. Celui-ci a gagné les chênes, qui ont servi à faire vieillir des vins, qui s’enorgueillissent sur l’étiquette de nous intoxiquer à nos dépends ! Il y a aussi une pollution par les obus chimiques enterrés ou immergés en mer du Nord, "dossier tabou" qu’on enterre comme les obus. J’ai eu accès à une carte des dépôts d’obus en mer baltique - une véritable poubelle et un Bhopal européen en puissance, mais je ne retrouve pas l’adresse. A vous de chercher.
- Et la pénurie de pétrole ?
- On va l’utiliser jusqu’à la dernière goutte ! C’est la mentalité qui est comme ça. Par exemple, il y a des primes pour les économies d’énergie. Elles dépendent des surfaces et des volumes. Alors ils abattent un mur pour avoir la prime, alors que ça va augmenter leur consommation de chauffage... au lieu de couper du bois !
Après tout ça, j’ai besoin d’un remontant. Je range mon calepin, et nous buvons une bière au café du commerce.

J’ai déjà interviewé Cécile, un peu par hasard, lors de la marche de l’année dernière. Quand je dis "un peu par hasard", c’est qu’elle était plutôt discrète dans le groupe de marcheurs. J’étais loin de penser qu’elle nous amènerait jusqu’ici un an après. Et lorsque je relis cette interview, je mesure le chemin parcouru.
Olivier - Comment as-tu décidé d’organiser cette marche ?
Cécile - Après la fin de la marche, nous avons eu rapidement l’idée de marches régionales. J’ai lancé un appel local pour créer un groupe décroissance à Lille. 7 ou 8 personnes ont répondu, et en octobre/novembre, nous avons lancé l’idée d’une marche.
Nous organisons un débat mensuel au café citoyen à propos de la décroissance.
Le débat se fait en deux parties :
présentation de la décroissance,
un thème : l’alimentation, les nouvelles technologies, les alternatives à l’automobile en ville, prendre soin de soi autrement, reconsidérer ses besoins en énergie...
Le groupe est constitué de : Martin, Laëtitia et Alessandro, Romanie, Florie, Perrine, Jérôme, Willie, Hélène. Pour organiser la marche, nous avons eu des réunions tous les 10 jours. Nous avons contacté les mairies, et envoyé une affiche à tous les producteurs bio de la région.
- Quels étaient les objectifs de cette marche ?
- Que la marche existe dans son intégralité, et que des gens qui ne sont pas sensibilisés à la décroissance nous rejoignent.
Ces deux objectifs sont atteints.
Mais je suis un peu déçue : je pensais qu’on allait rencontrer plus de monde ; les rencontres avec les habitants étaient trop rares. On a beaucoup échangé, mais avec peu de gens. On a découvert beaucoup de savoirs et de savoir-faire. La marche a des limites : elle ne va pas révolutionner la planète. Mais c’est une expérience puissante : ceux qui ont fait la marche sont repartis avec une énergie incroyable.
A la fois, c’est une marche lente, et à la fois on passe hyper rapidement.
Un truc extraordinaire, c’était l’accueil des gens qui nous hébergeaient. On a eu aucune contestation, mais des soutiens, des encouragements, de l’admiration.
La décroissance est un thème vaste qui ne permet pas d’approfondir pendant la marche. On reste en surface. L’approche reste superficielle sur chaque thème.
La surprise, c’est qu’il y a beaucoup de gens d’autres régions.
Ce qui me fait aussi plaisir, c’est que la marche a été prise au sérieux, par les mairies, la police, les médias, les individus ; ce qui fait qu’elle est bien aboutie. Actuellement, c’est la plus longue marche régionale, une traversée complète de la région Nord Pas-de-Calais. On a anticipé très tôt, et commencé à communiquer très vite après la marche de Lyon à Magny-court en 2005.
Le fait que la marche soit organisée fait qu’on peut la rejoindre en cours de route.
- Comment trouves-tu la couverture médiatique ?
- Je la trouve très bonne. Avant la marche, on a fait une conférence de presse avec La Voix du Nord et Nord éclair qui ont annoncé la marche. On a aussi diffusé dans tout le réseau associatif, dans la région et en Belgique. Le premier jour, FR3 est venu filmer. Pendant la marche, on a eu régulièrement des articles, plutôt favorables.
- Est-ce que tu es fatiguée ?
- Le groupe me porte, il me donne de l’énergie. L’ambiance a toujours été très belle.
- Quelles différences avec la marche de l’année dernière ?
- Nous avions le désir d’être plus rigoureux, d’éviter les dérives, d’être moins fusionnels. Avoir plus d’échanges, de natures différentes, permettant de s’ouvrir plus. Par exemple, nous avons préparé les petits papiers : les gens gardent une trace. Nous n’avons pas eu le temps d’organiser des conférences sur les lieux de la marche. Nous avons quand même eu trois occasions informelles, dont cette semaine chez Jean-Pierre.
Beaucoup de familles nous ont rejoint pour une soirée. Il y a eu beaucoup d’appels de soutien de gens qui ne pouvaient pas venir.
Nous sommes peu nombreux à avoir fait la marche complète. Beaucoup sont venus pour un ou deux jours, pour un week-end. Il y a eu à peu près 180 personnes en tout, et entre 35 et 70 personnes chaque jour.
- Et maintenant ?
- Il ne faut pas laisser les étapes sans lien, créer un réseau, fédérer les associations et les individus.
Rhaled, Johanne, Claire et Charlotte nous ont rejoint. Nous sommes éclairés par la grosse lampe extérieure des toilettes. Il fait un peu frais. Je sens que Cécile a hâte d’aller dormir. Elle part se coucher. Nous restons encore un peu à discuter.
>Patricia, qui travaille pour la revue "La Wassingue"
Si je peux me permettre une petite correction, Patricia ne travaille pas ’pour’ cette revue, elle travaille ’à’ faire sortir cette révue.