
Le concept de décroissance doit se concevoir comme un paradigme heuristique, un modèle exploratoire qui vise à sortir d’une économie et d’une société de croissance. La décroissance n’est pas un objectif en soi, elle n’implique pas nécessairement une croissance négative. Davantage qu’un idéal, elle constitue un impératif pour réduire une empreinte écologique qui, en France est trois fois supérieure aux capacités biologiques de la Terre [1].
Ses partisans prônent souvent la sortie de l’« économisme ». Or, l’économie n’est pas le problème mais la solution. Comme l’a souligné Jean-Marie Harribey [2], il ne faut pas confondre économie et capitalisme. L’organisation économique est nécessaire pour réguler les activités productives et consuméristes dont les excès menacent la survie de la biosphère. C’est un autre système économique qui doit être mis en place. En effet, comme l’a démontré Jean-Pierre Tertrais [3], le capitalisme s’oppose à la décroissance pour trois raisons :
parce que le meilleur moyen de créer des besoins nouveaux, et donc d’éviter la saturation des marchés, c’est l’innovation technologique ;
parce que la méthode la plus efficace pour augmenter les profits et pour bénéficier d’économies d’échelle, c’est d’augmenter les volumes de production ;
parce que la concentration capitaliste s’oppose au partage des richesses et qu’en conséquence, la seule parade au mécontentement des plus démunis est la croissance économique dans la mesure où celle-ci permet de masquer l’aggravation des inégalités sociales.
Les « décroissancistes » sont généralement d’accord pour remettre en cause le capitalisme [4] mais comme ils ne proposent pas d’autre organisation économique, ils condamnent leur mouvement à une lutte stérile du point de vue politique. Maintenant que le mouvement de la décroissance est entré en politique, il doit avoir un modèle économique alternatif à proposer.
Le socialisme est souvent rejeté au regard des expériences menées en son nom au XXème siècle. Mais ces expériences n’étaient pas réellement socialistes, comme l’a démontré Cornélius Castoriadis. Cela dit, il faut admettre que le marxisme a largement négligé le facteur écologique. Le socialisme marxiste était tout aussi productiviste que le capitalisme. En revanche, le socialisme originel percevait les risques liés au machinisme et à la recherche du progrès illimité [5].
Plus près de nous, Cornélius Castoriadis, le fondateur du mouvement « Socialisme ou Barbarie », peut être considéré comme ayant posé les termes d’un socialisme de décroissance : « Compte tenu de la crise écologique, de l’extrême inégalité de la répartition des richesses entre pays riches et pays pauvres, de la quasi-impossibilité du système de continuer sa course présente, ce qui est requis est une nouvelle création imaginaire...qui mettrait au centre de la vie humaine d’autres significations que l’expansion de la production et de la consommation, qui poserait des objectifs de vie différents pouvant être reconnus par les êtres humains comme valant la peine. Cela exigerait évidemment une réorganisation des institutions sociales, des rapports de travail, des rapports économiques, politiques, culturels...Nous devrions vouloir une société dans laquelle les valeurs économiques ont cessé d’être centrales (ou uniques), où l’économie est remise à sa place comme simple moyen de la vie humaine et non comme fin ultime, dans laquelle on renonce à cette course folle vers une consommation toujours accrue. Cela n’est pas seulement nécessaire pour éviter la destruction définitive de l’environnement terrestre, mais aussi et surtout pour sortir de la misère psychique et morale des humains contemporains.. Il faudrait donc que désormais les êtres humains (je parle maintenant des pays riches) acceptent un niveau de vie décent mais frugal, et renoncent à l’idée que l’objectif central de leur vie est que leur consommation augmente de 2 à 3 % par an. Pour qu’ils acceptent cela, il faudrait qu’autre chose donne un sens à leur vie...Cette chose, c’est le développement des êtres humains, à la place du développement des gadgets. Cela exigerait une autre organisation du travail, qui devrait cesser d’être une corvée pour devenir un champ de déploiement des capacités humaines ; d’autres systèmes politiques, une véritable démocratie comportant la participation de tous à la prise de décisions... » [6].
C’est sur cette base que je propose les fondements d’un socialisme de décroissance.
des entreprises autogérées et citoyennes : elles seraient financées par des banques de décroissance accordant des prêts à des taux modulés en fonction de l’empreinte écologique de l’activité de l’entreprise. Les titres de propriété des actionnaires seraient convertis en titre de prêts garantis par l’Etat, ce qui abolirait le pouvoir capitaliste qui pousse à l’innovation technologique et à l’augmentation des volumes de production [7]. La solution du financement externe doit être préférée à celle de l’autofinancement par les travailleurs afin de mieux contrôler l’allocation des ressources. Ces entreprises devraient s’ouvrir aux représentants de la société civile (associations de consommateurs ou d’usagers, associations écologistes). Elles seraient en outre soumises à une obligation d’informations (en particulier relatives à leurs produits) vis-à-vis d’organismes publics [8].
des banques de décroissance contrôlées par l’Etat : elles devraient être ouvertes aux associations écologistes.
des communautés économiques rurales : elles auraient comme objectif de développer les économies locales, en rapprochant producteurs et consommateurs, en favorisant l’agriculture biologique et paysanne et en garantissant des services publics de proximité.
un organisme de planification de la décroissance : composé d’experts, il fixerait des objectifs de réduction de la production dans les secteurs les plus écophages (ayant une empreinte écologique importante), d’allocation des ressources optimale du point de vue écologique, d’aménagement du territoire, de développement des transports publics et des énergies renouvelables ; objectifs qui seraient ensuite débattus et votés par le Parlement.
un réseau public d’informations : il serait chargé de recueillir les informations adressées par les entreprises sur le contenu et les modalités de leur production.
des institutions de démocratie participative : il s’agirait de développer le civisme écologique en responsabilisant les citoyens par rapport à leur environnement. Des centres d’auto-formation gratuits, portant en particulier sur les connaissances et les études en matière de politique, d’économie et d’écologie, seraient développés (bibliothèques, centres de documentation, conférences...). La technique du budget participatif serait rendue obligatoire au niveau local. Tous les mandats politiques seraient révocables. L’ensemble des citoyens se verrait reconnaître un pouvoir législatif direct par l’instauration de la loi d’initiative citoyenne et du référendum d’initiative citoyenne. L’activité associative serait favorisée par des crédits d’impôt. La Constitution nationale serait révisée par réferendum à l’issue d’un large débat démocratique.
fiscale : taxes sur les activités à forte empreinte écologique, crédits d’impôts pour les initiatives écologiques, taxes différentielles sur la consommation, impôts ruraux pour financer la relocalisation de l’économie, augmentation de l’impôt pour les revenus supérieurs au revenu de décroissance ;
budgétaire : subventions aux institutions de l’économie sociale et solidaire (associations, coopératives, mutuelles) sur la base d’un cahier des charges « décroissanciste » ;
monétaire : au niveau de la banque centrale, faire varier le taux d’intérêt directeur en fonction du niveau d’empreinte écologique de l’activité économique nationale ;
des revenus : instauration d’un revenu de décroissance correspondant aux besoins humains fondamentaux, qui serait garanti à l’ensemble de la population, sous condition d’exercice d’une activité utile à la collectivité ;
législative : imposer des normes strictes à la production, labellisation des produits, interdiction de certaines productions (comme la production nucléaire), réduction de la durée légale du travail à 24 h et instauration d’un « temps citoyen » consacré à des activités civiques ;
internationale : développer les éco-régions (recherche de synergies écologiques avec les pays limitrophes), proposition de réforme de l’ONU (création d’une Organisation Mondiale de l’Environnement, suppression de l’OMC, création d’une Organisation de la Paix entre les Peuples), limitation des échanges commerciaux, mesures de protectionnisme, interdiction des exportations d’armes, dénonciation des Traités de l’Union européenne et négociation d’un Traité unique portant sur des institutions démocratisées, sortie de l’OTAN, construction d’une Union euro-méditerranéenne, contrôle des mouvements de monnaie et de capitaux.
Emeric Cristallini Paris, le 6 janvier 2006
[1] Sur cette notion : Notre empreinte écologique, Mathis Wackernagel et William Rees, 1996
[2] Le développement a t’il un avenir ? Attac, 2004
[3] Du développement à la décroissance, 2004
[4] Journal La Décroissance, septembre 2004
[5] Jean-Claude Michéa, Impasse Adam Smith, 2002
[6] La montée de l’insignifiance, Les Carrefours du Labyrinthe, tome IV, 1993
[7] Voir citation de Jean-Pierre Tertrais, supra
[8] Certaines de ces propositions d’inspirent du « modèle heuristique » de socialisme de Tony Andréani, dans Le socialisme est (a)venir, tome 2, 2004
Je suis tout à fait en accord avec la démarche d’Emeric : tenter d’inscrire le concept de décroissance ou d’a-croissance dans une pratique de modification structurelle du système.
Personne ne peut échapper à l’emprise du capitalisme, donc du productivisme, que ce soit d’une manière individuelle ou par petits groupes.
Le productivisme est d’abord un sous produit du proces d’accumulation du Capital avant d’être une idéologie du progrès infini.
Pour en sortir, il faut sortir de la production et de l’innovation technologique comme moyen pour augmenter les profits, et aller vers une maîtrise consciente des activités productives en fonction des besoins sociaux élémentaires et du respect des limites des équilibres écologiques.
Cela s’appelle le socialisme, mais un socialisme vert, qui vise l’autonomie démocratique et productive des citoyens, en articulant différents niveaux de délibération et de production. Continental, national, régional, local.
Par exemple, si on pense qu’il est utile de maintenir un service public de transport et de santé, il faudra bien produire, de manière industrielle, des machines-outils, des bâtiments... à la technologie relativement complexe, pour "mailler" le territoire.
A l’inverse, au niveau local on pourra favoriser des outils "conviviaux" au sens où l’entendait Illich, des atelier d’autoconstruction, des techniques simples, légères, qui permettent la maîtrise par tous, et surtout l’autonomie (en énergie aussi) pour ne pas dépendre d’un état tout puissant. Là, ce sera le règne des petits producteurs, des artisans, des coopératives, des micro-entreprises autogérées... en symbiose avec leur milieu naturel et humain.
Bien sûr, il faudra être vigilant, afin que l’état soit cantonné à certaines tâches qui ne peuvent être remplies autrement.
Et il y a des technologies qu’il faudra à mon avis supprimer définitivement, dont le nucléaire, les biotechnologies appliquées à l’agriculture, les nanotechnologies... et toutes les technologies de surveillance (micro-puces, biométrie, satellites espions) et toute leur foutue conquête de l’espace.
Bref, la décroissance devra articuler des choses contradictoires : local/national, planification/autogestion, autonomie/hétéronomie, dans une tension perpétuelle qui nécessitera des ajustements démocratiques permanents.
Il n’y aura pas de "retour" vers un localisme extrême (à part à la suite d’un cataclysme), à supposer que ce soit souhaitable (la domination du clan, de la famille... n’était pas plus désirable que celle de l’état aujourd’hui).
Par contre, Emeric laisse un aspect "obscur" dans son exposé : comment parvient-on à ce socialisme ?
C’est tout le problème de la stratégie. Personnellement je suis persuadé qu’il n’y aura pas "transcroissance" naturelle du capitalisme productiviste vers le socialisme "a-croissant" dans le cadre des institutions démocratiques bourgeoises actuelles.
Il faudra un grand chambardement, plusieurs sur le long terme, une "révolution lente" mais qui mobilisera nécessairement des pans entiers de la population dans des processus de rupture, plus ou moins "violents".
Ceux qui nous gouvernent aujourd’hui ne se laisseront pas dépouiller de leurs privilèges comme cela.
Ni les politiciens, ni les multinationales, ni les scientistes fous qui bricolent des nuisances dans leurs labos pour l’industrie, ni l’armée...
Bref, je crois à un socialisme vert qui naîtra de mobilisations révolutionnaires, pas de l’addition de dissidences individuelles.
Je vis dans l’une des départements le plus "bio" en agriculture de France et d’Europe.
Notre vallée débouche sur... un complexe nucléaire.
L’établissement d’éco-villages ne changera rien à cette situation. Pas à eux seuls en tous cas.
Continuons à allier simplicité volontaire (individuelle), expériences collectives (coopératives, amap, jardins, réseaux...) et combat politique contre le capitalisme en général.
R.
je suis d’accord avec bug-in pour dire que cette article est discutable. En effet il est dans la ligné centralisatrice issu du courant policart de la décroissance. Pour ma part j’avance le fait que la décroissance prone la sortie pure et simple de l’économie. car la remise en cause faites par la décroissance si c’est celle du capitalisme alors c’est dans son sens profond celui qui affirme que le capitalisme n’est autre que le commerce.
tout en critiquant le "développement" la décroissance essaye de faire reconnaitre à l’occidental que l’organisation socio-économique et socio-politique qu’il propose n’a rien de socialiste ou humaniste. et encore moins étatiste.
pour ce qui est de l’économie, la décroissance dis ceci. tendre vers la reconstruction de l’autosufisance alimentaire de chacun. réforme agraire, augmentation du nombre de petit paysan, mais pas ou peu d’échange. donc disparition à terme du "marché"
au niveau politique, autodétermination des peuples. suites à relocalisation de la vie, "le peuple français" n’existe plus. il y a donc des peuples à échelle locale. autodéterminé. donc l’Etat est remsis en cause. au niveau social et culturel, l’organisation local communal ou communautaire est génératrice de cultures et traditions desquel émane l’ensemble des réponses apporter à tout les niveux de la vie colective et individuel. autrement dis le politique et l’économique sont enchassé intégré à la culture et no’nt plus d’existance externe. certes ces propos sont difficelement énoncable à la masse en vue d’éléction, mais il faut savoir ce que l’on veut. car La décroissance ce n’est pas un concept de plus. c’est une remise en cause profonde de l’histoire et la culture occidental. une tel révolution passera difficilement par les urnes.
ton artcile et tes propos reflète une tendance concetionniste de certains étiqueter décroissant.
la décroissance est une percpective impossible, mais si on commence par renoncer à l’impossible, on finit par renoncer aux reste. et j’ai peur que les décroissant politicart finissent par se diluer dans la réalité politique actuel.
bref, ces proposition ne sont pas très décroissante à mon avis.
merci
Bon... bon... bon... Pour moi cet article est très discutable et me fait plus penser à un communisme qui voudrait éviter le productivisme. Il garde les mêmes défauts : Banque géré par l’état (et non pas coopérative autogéré ou relocalisation de l’économie), Planification... et pas n’importe qu’elle planification : organisée par des experts etc...
Autant dire qu’avec un tel pouvoir central c’est un état très fort et très puissant qui s’instaurerai et qui exigerai des moyens puissants pour contrôler ce qu’il veut faire. En gros je suis pas sur qu’ils soit contre toute les technologies qui lui permettrai la surveillance de l’application de son projet de planification.
Bref... Il fallait oser ! Bcp de divergence il me semble avec une vision un peut plus libertaire peut-être de la décroissance que je me fais.
Le problème de parler d’experts, c’est que l’on considère implicitement que leur spécialité leur appartient (en réalité c’est plutôt les experts qui appartiennent à leur domaines), alors que les idées n’appartiennent à personne, je pense pour ma part qu’engager des experts cautionne cette idée, il faut faire attention à la nature du langage et du raisonnement lorsqu’on les utilisent (cf les premiers articles de "Le langage", encyclopédie de la pléïade et les articles "logique mathématique" et "logique non-classique" du dictionnaire des mathématiques chez universalis).
Qu’on le veuille ou non, la décroissance est une théorie et il ne faut pas oublier sa nature en tant que théorie : elle met en valeur certains aspects de ce que l’on a sous les yeux ou en tête. Pour le reste, je pense que l’essentiel est de s’engager par son mode de vie pour en faire un message (cf Gandhi), qui ne necessite pas d’être formulé à l’aide du langage, car celui qui ne le fait pas ne sera pas toujours prêt à supporter ce que sa vie aura à lui dire.
Au lieu de fonder un parti, je pense qu’il faudrait mieux fonder des écovillages inspirés (et non dirigés, nous ne sommes pas des prophètes venus porter la parole divine et incontestable aux humains, nous ne sommes que des personnes, avec ou sans tout ce que cela implique) par les idées de la décroissance et les idées libertaires. Organisons nous !
Bonjour, et merci pour ta réponse. Ok pour les banques, il s’agit peut-être d’une incompréhension. Sur le reste :
Si je m’oppose à une planification ce n’est pas en suivant un programme de droite, ou de je ne sais quel parti ou discours médiatique. Il me semble que si les choses sont planifié à l’avance alors il n’y a pas de raison de parler de démocratie directe ou locale. Si les choses sont déjà programmées par d’autres, ici : les experts.
Les experts est un problème qui me semble important. Les experts ont-ils toujours raisons ? Les experts ne savent bien souvent pas grand chose des problèmes en général (parcequ’il doivent s’atteller à leur expertises) et bien souvent ne connaissent pas les problèmes surlesquelles travaillent leur collègues. Comment vérifier ou croire ce qu’un expert nous dit càd quelque chose qui n’est connaissable ou vérifiable qu’en devenant à son tour expert ? Pour toutes ces questions je pense que dans la mesure du possible il faut se passer, le plus possible d’experts. Une vision générale permet une vision politique, là ou des expertises généralisées individualisent. (Comme Feyerabend) Je pense qu’il s’agit en quelque sorte de faire un pari. De parier sur un choix de programme scientifique. Ce pari est celui de citoyers, financé par eux. "Lorsqu’on doit faire un choix avec aucune garantie de succès, le mieux est de laisser le soi de prendre la décision à ceux qui vont financer la méthode [scientifique] retenu et en supporter les conséquences". Je pense qu’il ne faut pas abandonner la science aux scientifiques. Merci pour votre article tout de même. Original et qui permet d’aborder des questions et des solutions que j’ai peut lu jusqu’ici.
Je crois que l’anarchiste JP Tertrais serait assez mécontent d’être cité à l’appui de thèses plutôt « étatiques » ;-)
Je pense aussi qu’il ne faut pas fantasmer « le » socialisme originel comme une quelconque unité. Ces mouvements furent aussi divers que l’est aujourd’hui « la » décroissance.
Sinon : étant donné qu’ébranler et défaire le capitalisme ne se fera qu’avec une mobilisation large et résolue de la population, je trouve plus utile de réfléchir à des mots d’ordres pour stimuler cette mobilisation et promouvoir des dispositifs de transition. La question est avant tout : qu’est-ce qui nous donne prise (politique) sur ce qui a lieu ici et maintenant ?
En rappelant qu’à mon avis ce que nous visons c’est une société non « de décroissance » mais de « reproduction inventive », c’est-à-dire qui veille à reproduire en permanence ses moyens d’existence en collant au renouvellement des ressources (lenteur, durabilité des productions) et à l’énergie disponible à l’échelle de l’humanité (justice et partage). Bien sûr, pour ce faire, il faudra en passer par de la décroissance sur tout plein de terrains, mais aussi de la créativité, de la débrouillardise, de la coopération...
Qu’à terme cette société qui n’ira pas sans « appropriation collective des moyens de production » (la plupart relocalisés) puisse mériter le nom de socialisme (sans préjuger du détail de ses institutions) me semble un argument de promotion à utiliser avec doigté, selon les contextes.
Vive le politic’art ! :-)